Introduction à Nagios XI
1. Introduction à Nagios XI
Nagios XI est une solution de supervision (monitoring) commerciale développée par l'équipe de Nagios Enterprises. Il est l'évolution de Nagios Core (version Open Source) et offre une interface utilisateur plus avancée, ainsi que des outils facilitant l'installation, la configuration et la gestion de la surveillance IT.
Principales fonctionnalités
- Interface Web améliorée : Interface plus ergonomique que celle de Nagios Core, avec des tableaux de bord personnalisables et des widgets.
- Assistant de configuration (Configuration Wizards) : Permet de configurer facilement la supervision de différents types d'équipements (serveurs, services cloud, réseaux, bases de données, applications, etc.).
- Rapports et tableaux de bord : Possibilité de générer des rapports détaillés (disponibilité, performance, tendances...) pour mieux analyser l'état de l'infrastructure.
- Gestion des utilisateurs & contrôles d'accès : Gère différents niveaux de privilèges, de la consultation de tableaux de bord à l'administration complète.
- Extensions et plugins : Compatibilité avec la majorité des plugins Nagios (dont ceux de la communauté). Possibilité d'intégrer des extensions pour ajouter des fonctionnalités (business processes, reporting avancé, etc.).
2. Architecture globale
L'architecture de Nagios XI repose sur le même « cœur » que Nagios Core, avec toutefois une couche applicative supplémentaire pour la partie interface et la gestion simplifiée.
Les composantes clés sont :
- Base de données : Nagios XI utilise principalement MySQL/MariaDB ou PostgreSQL (selon la configuration) pour stocker des informations sur les hôtes, services, utilisateurs, etc.
- Moteur de supervision (Nagios Core) : C'est le moteur central qui exécute périodiquement les checks (via des plugins) et renvoie les états (OK, WARNING, CRITICAL, UNKNOWN).
- Interface Web (PHP) : Fournit le tableau de bord et les vues pour l'administration et la consultation.
- Backend & API : Des APIs et scripts d'importation/exportation pour automatiser la configuration ou interagir avec des outils tiers.
3. Installation de Nagios XI
3.1. Prérequis techniques
- Système d'exploitation Linux (généralement CentOS, Red Hat, Debian, Ubuntu).
- Ressources minimales recommandées pour une installation de base (pouvant varier selon la taille de l'infrastructure) :
- 2 CPUs
- 4 Go de RAM
- 40 Go d'espace disque
3.2. Procédure d'installation (exemple sur CentOS / RHEL)
- Nagios fournit des machines virtuelles déjà préconfigurées à télécharger pour la plupart des hyperviseurs du commerce (ESXI, Hyper-V, VMWare etc..).
Il suffit de se rendre sur le site et de les télécharger.
- Il est également possible d'installer Nagios directement à partir d'une VM Linux vierge.
Vous trouverez un exemple de tutoriel pour Debian sur votre parcours.
3.3. Configuration initiale
- Assistant de configuration : Permet de configurer la surveillance de vos premiers hôtes/serveurs (Windows, Linux, équipements réseau, bases de données).
- Notifications et escalades : Définir les contacts, les méthodes de notification (email, SMS, Slack, etc.) et les politiques d'escalade (qui prévenir en cas de non-réponse, etc.).
4. Configuration & utilisation
4.1. Configuration Wizards
Nagios XI se distingue par une collection d'assistants (Wizards) prêts à l'emploi pour superviser :
- Des serveurs Windows, Linux, macOS.
- Des bases de données (MySQL, Oracle, PostgreSQL, MS SQL Server...).
- Des environnements virtuels (VMware, Hyper-V...).
- Des services Cloud (AWS, Azure, Google Cloud...).
- Des équipements réseaux (routeurs, switchs, firewalls) via SNMP.
Chaque assistant va :
- Vous demander des informations de base (adresse IP, type de service, identifiants SNMP, etc.).
- Générer automatiquement la configuration Nagios correspondante.
- Définir les checks (ping, CPU usage, mémoire, espace disque, processus, etc.) selon le modèle choisi.
4.2. Tableaux de bord & widgets
- Création de tableaux de bord personnalisés : vous pouvez combiner différents widgets (graphiques, cartes géographiques, listes d'hôtes/ services) pour avoir une vue adaptée à votre rôle (administrateur système, DSI, helpdesk, etc.).
- Rapports planifiés : possibilité d'automatiser l'envoi régulier (quotidien, hebdomadaire) de rapports d'état ou de performance à des destinataires spécifiques.
4.3. Gestion des utilisateurs & droits
- Rôles prédéfinis : Par exemple, « Admin » pour la configuration complète, « User » pour la consultation uniquement, « Read-Only » pour des accès limités.
- ACL (Listes de contrôle d'accès) : Définir qui peut voir quels hôtes/services, qui peut forcer des rechecks, etc.
5. Points forts de Nagios XI
- Interface utilisateur plus agréable que Nagios Core :
- Tableaux de bord modernes, wizards de configuration, gestion des rapports.
- Écosystème de plugins très riche :
- Héritage direct de Nagios, il existe des milliers de plugins communautaires ou officiels.
- Facilité de configuration pour les débutants :
- Les assistants simplifient beaucoup la prise en main par rapport à la configuration manuelle de Nagios Core.
- Fonctionnalités d'entreprise intégrées :
- LDAP/Active Directory pour la gestion des utilisateurs, rapports SLA, etc.
- Support technique de Nagios Enterprises :
- L'édition XI donne droit à un support commercial (téléphone, email) en fonction de la souscription.
6. Points faibles de Nagios XI
- Modèle commercial payant :
- Contrairement à Nagios Core ou des solutions entièrement open source (Zabbix, Centreon, Icinga), Nagios XI nécessite une licence (au moins pour un certain nombre d'hôtes).
- Complexité sous-jacente de Nagios :
- Bien que les wizards aident, il reste parfois nécessaire de maîtriser la logique de Nagios (fichiers de conf, objets, etc.) pour des configurations avancées.
- Scalabilité :
- Pour de très grandes infrastructures (plusieurs milliers d'hôtes/ services), il peut devenir complexe à administrer ou nécessiter un dimensionnement et une architecture distribuée (pollers externes, etc.).
- Interface vieillissante :
- Malgré les améliorations, certains concurrents proposent parfois des interfaces plus modernes et plus réactives (Zabbix, Grafana pour la visualisation, etc.).
7. Comparatif avec les concurrents
7.1. Nagios Core / Centreon / Icinga
- Nagios Core :
- Open source, gratuit, nécessite des configurations manuelles.
- Moins "clé en main" que Nagios XI.
- Pas de support officiel inclus, mais une communauté très vaste.
- Centreon :
- Fork de Nagios, gratuit dans sa version Community, payant dans sa version complète.
- Dispose d'une interface web de configuration et d'une ergonomie parfois plus intuitive.
- Très utilisé en Europe francophone.
- Bonne intégration avec Centreon-Broker (performance et scalabilité).
- Icinga :
- Autre fork de Nagios, interface web moderne, APIs Rest.
- Communauté active et en pleine croissance.
- Bonne extensibilité via Icinga Web 2, "satellites" pour la supervision distribuée.
7.2. Zabbix
- Zabbix :
- Complètement open source (pas d'édition payante).
- Interface web unifiée dès le départ.
- Mise en place simplifiée de l'auto-découverte, supervision distribuée native.
- Large communauté mondiale.
- Très bon pour la scalabilité (grandes infrastructures).
- Moins de plugins disponibles que Nagios, mais une bibliothèque conséquente et un support SNMP / agent / IPMI / JMX, etc.
7.3. PRTG Network Monitor
- PRTG :
- Outil propriétaire et payant développé par Paessler.
- Très populaire pour la supervision réseau (cartographie, auto-découverte) et l'interface ergonomique.
- Licence basée sur le nombre de "sensors".
- Facile à prendre en main, mais moins flexible que Nagios ou Zabbix pour la personnalisation des checks.
7.4. Prometheus / Grafana (Stack Cloud-Native)
- Prometheus :
- Open source, très utilisé dans les environnements conteneurisés (Kubernetes).
- Méthode de scraping, langage de requête PromQL, alerting via Alertmanager.
- Très performant et efficace pour le monitoring temps réel.
- Moins orienté "administration systèmes traditionnels" que Nagios XI, mais excelle dans le monitoring Cloud / microservices.
- Se complète souvent avec Grafana pour la visualisation.
8. Scénarios d'utilisation et bonnes pratiques
8.1. Choix de la bonne édition
- Petite / moyenne infrastructure (quelques centaines de services) : Nagios XI peut être un choix "plug-and-play" si on accepte de payer la licence.
- Très grande infrastructure : Bien planifier la répartition de la charge (pollers, haute disponibilité) et comparer les offres concurrentes (Zabbix, Centreon, Icinga...).
8.2. Optimisation des performances
- Éviter de trop raccourcir les intervalles de check : surveiller un trop grand nombre de services toutes les minutes peut saturer le serveur.
- Mettre en place une architecture distribuée si nécessaire : en utilisant les fonctionnalités de polling distant (NRDP, NSCA) ou en créant plusieurs instances "satellites".
8.3. Automatisation
- Profiter des APIs de Nagios XI pour l'import/export de configuration, la création automatique d'hôtes, l'intégration avec des CMDB (Configuration Management Database) ou autres outils d'ITSM (ServiceNow, GLPI...).
8.4. Supervision de bout en bout
- Penser à superviser non seulement la santé des serveurs (CPU, RAM, disque) mais aussi les applications (ports ouverts, temps de réponse HTTP, transactions...) afin d'avoir une vision complète.
9. Conclusion
Nagios XI est une solution de monitoring puissante et riche fonctionnellement, héritée de l'expertise Nagios. Elle se distingue par :
- Une interface prête à l'emploi et plus conviviale que la version Core,
- Des wizards de configuration,
- Un support professionnel pour les entreprises qui souhaitent un accompagnement.
Cependant, son coût de licence et sa complexité possible pour les grands environnements peuvent constituer des freins. Face à la concurrence (Zabbix, Centreon, Icinga, PRTG...), Nagios XI conserve sa force historique grâce à la richesse de ses plugins et à une communauté solide, tout en offrant une couche d'interface "clé en main".