Le choix d'une distribution serveur Linux
I. Choix d'une distribution serveur
1. Quelles sont les distributions serveur les plus usitées ?
Plusieurs distributions Linux dominent le marché des serveurs, chacune ayant ses particularités, sa philosophie et une communauté plus ou moins étendue.
Parmi les plus courantes, on trouve :
- Debian :
- Connue pour sa stabilité, son vaste dépôt de paquets et sa philosophie 100% libre.
- Idéale pour des serveurs de production à long terme, où la fiabilité prime sur la nouveauté des logiciels.
- Ubuntu Server :
- Issue de Debian, elle propose des mises à jour régulières, une large communauté, et un support commercial via Canonical.
- Très populaire dans les environnements cloud (AWS, Azure, GCP) et en entreprises cherchant un bon compromis entre stabilité et packages récents.
Ubuntu a commencé à supplanter Debian en nombre de d'installation.
- Red Hat Enterprise Linux (RHEL) et ses dérivés libres (ex. AlmaLinux, Rocky Linux) :
- Distribution commerciale avec support payant, très répandue en entreprise.
- Stabilité, long cycle de vie et mises à jour testées de manière intensive.
- RHEL est considéré comme l'option la plus sérieuse pour un support technique avancé.
- AlmaLinux et Rocky Linux en sont des variantes communautaires gratuites, avec une compatibilité quasi-totale.
- CentOS (version historique, aujourd'hui remplacée par CentOS Stream) :
- Ancienne référence gratuite et stable dérivée de RHEL.
- Aujourd'hui, CentOS Stream existe comme rolling release en amont de RHEL, moins stable mais plus réactive.
- SUSE Linux Enterprise Server (SLES) et openSUSE :
- Autre solution orientée entreprise, avec un cycle de vie long, support professionnel et outils d'administration spécifiques (Yast).
- SUSE est une solution Européenne (Allemande) dont l'offre est extrêmement diversifiée. Moins connue en France, elle bénéficie d'une très large adoption ailleurs.
- OpenSUSE est le pendant libre de SUSE. Très adoptée lorsqu'on ne veut pas débourser pour une licence plus pro.
- Fedora Server :
- Distribution sponsorisée par Red Hat, utilisée comme plateforme d'innovation.
- Propose des versions récentes des logiciels, mais avec des cycles de vie plus courts, idéale en phase de test ou pour bénéficier rapidement des dernières avancées.
Le choix dépendra de critères tels que :
- Stabilité vs. Récence des paquets
- Support commercial ou communautaire (= démerdez-vous)
- Écosystème et compatibilité (cloud, conteneurs, orchestrateurs, etc.)
2. Quelles sont les ressources minimales nécessaires au fonctionnement de ces distributions ?
Les ressources minimales varient selon la distribution et l'usage prévu, mais en règle générale, les distributions serveur Linux sont conçues pour être légères et modulaires.
Ainsi, un serveur sans interface graphique ni services superflus peut fonctionner avec des configurations modestes.
- Mémoire (RAM) :
- Pour une base minimale (installation de type "netinstall" ou "minimal"), 512 Mo à 1 Go de RAM peuvent suffire.
- Pour un usage plus sérieux (hébergement Web, base de données légère), prévoyez au moins 2 Go à 4 Go, voire plus si les charges de travail sont importantes (virtualisation, containers, services gourmands).
- Processeur (CPU) :
- Une architecture x86_64 (64 bits) est aujourd'hui standard. Un unique cœur de processeur est souvent suffisant pour des tâches simples.
- Pour des environnements plus complexes (virtualisation KVM, conteneurisation, bases de données volumétriques), plusieurs cœurs et une fréquence plus élevée seront nécessaires.
- Stockage (Disque dur / SSD) :
- Une installation minimale peut se satisfaire de quelques gigaoctets (environ 2 à 8 Go) pour le système de base.
- Pour des applications, des logs, des données importantes, prévoyez plus d'espace. De plus, un SSD améliorera sensiblement les performances (I/O) par rapport à un disque mécanique.
- Réseau :
- Une interface réseau Gigabit est standard, mais le choix dépendra de votre usage. Des liens 10 GbE ou supérieurs peuvent être requis dans des contextes haute performance.
De manière générale, l'idée est d'adapter les ressources à la charge attendue. Les distributions serveur sont modulaires : vous installez uniquement ce dont vous avez besoin, réduisant ainsi les exigences matérielles et la surface d'attaque.
3. Pourquoi privilégie-t-on une interface CLI (ligne de commande) ?
Sur les serveurs, la ligne de commande (CLI) est couramment privilégiée pour plusieurs raisons :
- Légèreté et Performance :
Ne pas installer d'interface graphique (GUI) permet de diminuer la consommation de ressources (RAM, CPU, stockage), ce qui optimise l'utilisation du serveur pour les services critiques (serveur web, base de données, etc.).
- Stabilité et Sécurité :
Les environnements graphiques ajoutent des couches de complexité et donc des potentiels vecteurs de vulnérabilités. Moins de logiciels installés signifie moins de mises à jour et de surfaces d'attaque.
- Automatisation et Scriptabilité :
Les outils en ligne de commande sont facilement intégrables dans des scripts Bash, des outils de gestion de configuration (Ansible, Puppet, Chef), et des systèmes de CI/CD. Cela permet une gestion automatisée, reproductible et à grande échelle.
- Administration à Distance :
La plupart des serveurs sont administrés à distance via SSH.
La CLI est parfaitement adaptée à ce mode de gestion, accessible depuis n'importe quelle connexion sécurisée, sans nécessiter d'interface graphique distante.
- Standardisation et Cohérence :
Les commandes CLI sont généralement standardisées entre distributions, ou du moins facilement adaptables. Cela facilite le transfert de compétences et le travail en équipe.
En résumé :
- PAS DE SERVEUR AVEC ENVIRONNEMENT DE BUREAU.. JAMAIS !!!
Cette règle peut d'ailleurs parfaitement être appliquée à Windows Serveur ! (moyennant un peu de travail avec PowerShell !)
- On installe uniquement ce dont on a besoin
- On désactive tout ce qui n'est pas nécessaire
- On recompile le noyau Linux en supprimant tout ce qui ne nous est pas strictement indispensable.
- On automatise les tâches d'administration courantes grâce à des scripts.